Le travail réduit du sol favorise la colonisation mycorhizienne dans les luzernières

Le travail réduit du sol favorise la colonisation mycorhizienne dans les luzernières âgées

Bien qu’ils jouent un rôle clé dans l’assimilation des nutriments et le fonctionnement du sol dans les systèmes fourragers pérennes, les mécanismes des champignons mycorhiziens à arbuscules (CMA) chez la luzerne (Medicago sativa L.) restent mal documentés à l’échelle du champ. Cette étude, conduite sur 50 champs de luzernes pures présentant les mêmes conditions pédoclimatiques du nord-est de la France, a examiné comment l’âge des peuplements (1 à 5 ans) et les pratiques de travail du sol influencent la colonisation par les CMA.

La colonisation mycorhizienne, telle que l’intensité de mycorhization et l’abondance des arbuscules sur les racines de luzerne, a été évaluée sur deux campagnes culturales et mise en relation avec la biomasse racinaire, la densité de plantes, le poids moyen des pieds et les propriétés du sol, y compris le phosphore disponible. Nos résultats montrent que les peuplements les plus âgés de 5 ans présentaient la colonisation mycorhizienne la plus élevée. Le travail du sol de conservation (c’est-à-dire le travail réduit, RT, et le non-labour, NT) a fortement favorisé la colonisation mycorhizienne par rapport au travail du sol conventionnel (CT). Sous RT+NT, l’intensité de mycorhization a dépassé 35% et l’abondance arbusculaire a atteint 10% dans les peuplements de 5 ans, tandis que les champs en CT sont restés à des niveaux faibles. Les différences liées à l’âge n’étaient significatives que dans le traitement RT+NT, les peuplements de 4 et 5 ans affichant de meilleurs résultats que ceux d’1 an. Les corrélations entre les paramètres de mycorhization et les caractéristiques agronomiques ont révélé une relation négative avec la densité de plantes et une association positive avec le poids moyen par pied dans les deux systèmes de travail du sol, ce qui suggère une amélioration des performances individuelles des plantes plutôt qu’une augmentation de la biomasse au niveau du peuplement. Le phosphore disponible dans le sol était le principal facteur pédologique lié à la mycorhization, la colonisation diminuant à mesure que le P-Olsen augmentait, en particulier dans les champs RT+NT. Nos résultats montrent que la durée des peuplements pérennes et le travail réduit du sol favorisent de manière synergique l’établissement et la fonctionnalité des champignons mycorhiziens à arbuscules (CMA) dans les systèmes de culture de la luzerne. Ces pratiques améliorent notre compréhension de la dynamique des CMA dans les systèmes pérennes et offrent des orientations précieuses pour faire progresser l’intensification écologique des cultures fourragères.

A lire : Conservation tillage promotes mycorrhizal colonization in older alfalfa stands. Applied Soil Ecology, 223 : 107089. https://doi.org/10.1016/j.apsoil.2026.107089

Contact : babacar.thioye@unilasalle.fr; pascal.thiebeau@inrae.fr